Les avantages du tourisme lent : comment tirer le meilleur parti de votre séjour
Bien voyager ne signifie pas forcément remplir chaque journée. Le slow travel invite à rester davantage dans un même lieu, à ralentir le rythme et à observer plus attentivement ce qui fait l’identité d’une destination : ses habitants, ses habitudes, sa gastronomie et son quotidien. Au Portugal, où villes historiques, nature, littoral et traditions locales sont souvent proches les uns des autres, cette manière de voyager trouve naturellement sa place.
Il ne s’agit pas de ne rien faire ni de suivre des règles précises. Il s’agit plutôt de laisser du temps pour un deuxième café, de retourner dans un lieu que l’on a aimé, de marcher au lieu de se presser et de laisser la destination influencer le rythme de la journée.
Et si mieux voyager signifiait en faire moins ?
Certains voyages reviennent avec nous sous forme de liste : trois villes, cinq monuments, les restaurants qu’il fallait absolument essayer et des centaines de photos sur le téléphone. Nous avons vu beaucoup de choses. Mais nous n’avons pas toujours pris le temps de vraiment comprendre les lieux que nous avons traversés.
C’est précisément cette logique que le slow travel remet en question. Également appelé tourisme lent, il ne consiste pas à passer ses vacances sans rien faire ni à rester plusieurs semaines au même endroit. Il s’agit surtout de ne plus mesurer un voyage au nombre de choses que l’on réussit à faire entrer dans son programme.
Prendre un deuxième café. Retourner au restaurant où l’on a bien dîné la veille. Choisir de marcher plutôt que de chercher le chemin le plus rapide. Emprunter une rue simplement parce qu’elle semble intéressante, même si elle n’est pas indiquée sur la carte. Le slow travel se trouve souvent dans ces petites décisions.
Et c’est peut-être là que réside son principal bénéfice : lorsque l’on laisse un peu de place libre dans la journée, on commence à regarder la destination autrement. Les marchés où les habitants font réellement leurs courses, les terrasses qui se remplissent en fin d’après-midi, la cuisine qui change d’une région à l’autre ou simplement le rythme de celles et ceux qui y vivent au quotidien.
Le Portugal se prête particulièrement bien à cette façon de voyager
Le Portugal se prête naturellement au slow travel. Non pas parce qu’il faudrait nécessairement le parcourir lentement, mais parce qu’il reste beaucoup à découvrir lorsque l’on cesse de passer directement d’un site touristique au suivant.
À Porto, une matinée peut commencer au bord du Douro et se terminer autour d’une table où le déjeuner se prolonge tranquillement. À Lisbonne, il suffit parfois de s’éloigner de quelques rues des itinéraires les plus connus pour sentir le rythme de la ville changer. Coimbra mérite que l’on prenne le temps de monter et descendre ses rues, d’entrer dans une librairie ou de s’arrêter au bord du Mondego. À Viana do Castelo, l’Atlantique rencontre le Minho dans une ville dont la vie quotidienne continue au rythme de ses habitants.
Et puis il y a les destinations où ralentir semble presque naturel. À Madère, une matinée partagée entre la ville et la nature peut facilement occuper toute la journée. À Lagos, plages et falaises s’apprécient différemment lorsque l’on ne cherche pas à en découvrir trois dans le même après-midi.
Aucune de ces destinations n’exige un itinéraire spécialement conçu pour le slow travel. Tout dépend de la manière dont nous choisissons de les découvrir : moins d’étapes, du temps pour chacune et suffisamment de liberté pour changer de programme en cours de route.
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Porto
Voyager lentement n’a pas besoin de mode d’emploi
Il y a quelque chose de contradictoire à transformer le slow travel en une liste de règles. Dix jours dans la même ville, le train plutôt que l’avion, des restaurants locaux, aucune précipitation. En réalité, il n’existe aucune formule à suivre. Il suffit de ne plus considérer chaque journée comme un programme qu’il faut remplir du matin au soir.
Cela peut commencer par une décision aussi simple que de choisir une seule chose à faire le matin et de laisser l’après-midi libre. Réserver une table sans déjà penser à l’endroit où aller ensuite. Retourner au café où l’on a pris son petit-déjeuner la veille. Ou changer de chemin simplement parce qu’une rue a attiré notre attention.
Une autre idée mérite d’être gardée à l’esprit : tous les moments d’un voyage n’ont pas besoin de devenir une photo. Acheter des fruits au marché, traverser un pont à pied, attendre le tramway ou rester en terrasse à regarder la ville vivre peuvent sembler être de simples détails sur le moment. Pourtant, ce sont souvent ces instants qui nous reviennent en premier.
Certaines villes ont besoin de temps pour se dévoiler
Coimbra en est un bon exemple. L’Université peut se visiter en une matinée et le centre historique se parcourir en quelques heures. Mais lorsque l’on laisse un peu d’espace entre deux visites, la ville prend une autre dimension : descendre vers le Mondego, entrer dans une librairie, s’arrêter à une terrasse dans l’Alta ou simplement laisser le déjeuner suivre son cours. Notre itinéraire de deux jours à Coimbra part précisément de cette idée.
En Algarve, la tentation est différente : essayer de découvrir plusieurs plages dans la même journée. Lagos montre pourquoi il peut être intéressant de faire exactement le contraire. En choisir une, marcher le long des falaises, revenir dans le centre historique en fin d’après-midi et découvrir que la région ne s’arrête pas à son littoral. Marchés, petites localités et chemins moins évidents racontent une autre facette du territoire. Nous en présentons quelques-uns dans notre article consacré aux expériences en Algarve au-delà des plages.
Cette façon de voyager ne nécessite pas de longues vacances. Elle peut tenir dans un week-end à Porto, trois jours à Lisbonne ou une semaine à Madère. Le temps disponible varie ; c’est ce que nous choisissons d’en faire qui compte.

SLOW TRAVEL AU PORTUGAL Par où commencer un voyage sans se presser ?Peut-être par Porto, en laissant le Douro donner le rythme à la journée. Ou par Lisbonne, où changer de quartier suffit parfois à découvrir une autre atmosphère. Coimbra invite à prendre son temps entre l’Alta et le Mondego ; Viana do Castelo réunit l’Atlantique et l’identité du Minho dans une ville qui mérite que l’on s’y attarde. Plus au sud, Lagos permet de remplacer la course entre les plages par des journées avec peu de contraintes. À Madère, le défi consiste parfois à résister à l’envie de découvrir toute l’île en une seule fois. Il n’existe pas de destination idéale pour pratiquer le slow travel. Il y a simplement celle à laquelle nous décidons d’accorder du temps. |
Au fond, le slow travel se reconnaît peut-être à la sensation avec laquelle nous rentrons chez nous. Certains lieux nous laissent une collection de photos. D’autres finissent, pendant quelques jours, par nous devenir presque familiers.




